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Lecture 1 Samuel 30 : 1-5.

1) DAVID SE REFUGIE CHEZ AKISH.

  • Pendant très longtemps, David a été contraint de fuir Saül. Ce-dernier était lié par une jalousie maladive. Il a laissé son cœur se remplir de rancœur et de ressentiment allant même jusqu’à la haine à l’encontre de son gendre. Le roi s’est montré coupable de souhaiter la mort de ce-dernier. 1 Sam 19 : 1-2; 19 : 9-10. Bien évidemment, cette histoire montre une situation extrême car tous ceux qui ont du ressentiment ne songent pas à élaborer un meurtre ! Néanmoins, le Seigneur nous met en garde sur les sentiments et les pensées de notre cœur afin d’y veiller. Prov 4 : 23; Mat 5 : 21-22; 1 Jean 3 : 14-15. L’auteur aux hébreux nous invite à nous préserver de l’amertume, de la nôtre comme de celle des autres. Héb 12 : 15.
  • Désemparé et éprouvé par plusieurs années de fuite, David a trouvé refuge chez les ennemis d’Israël, à savoir les philistins. 1 Sam 27 : 1-4. Cette décision l’a protégé de la pression de Saül qui a alors renoncé à le poursuivre. Cette situation a duré un peu moins d’un an et demi. 1 Sam 27 : 7. Durant cette période, David était à l’abri de la menace du roi, même si son contexte était loin d’être parfait. Le parcours de l’homme selon le cœur de Dieu montre que l’on rencontre très peu de situations idéales. L’homme y tend mais les atteint rarement. La perfection n’étant pas de ce monde, l’individu est souvent obligé de composer avec un environnement parfois défavorable. Dans certains cas, il a l’impression de retenir, non pas le meilleur choix, mais la solution la moins mauvaise. Ce fut le cas de David. Heureusement, il a pu compter sur la présence et la grâce de Dieu qui accompagnent toujours ceux qui font confiance au Seigneur. Ps 23 : 6; 37 : 5; 40 : 5; Prov 22 : 19.
  • Mais un jour, les philistins entreprirent d’engager une bataille contre les israélites. 1 Sam 28 : 1-2. Akish a contraint David à venir avec lui. Ainsi, il allait se trouver dans une situation bien inconfortable : il risquait d’être associé aux ennemis historiques d’Israël (les philistins) pour faire la guerre à son propre peuple ! Un détail est précisé par le texte et revêt toute son importance. Samuel était mort. 1 Sam 28 : 3. Pourquoi cette mention à cet endroit ? Tout simplement pour signifier le fait qu’il était impossible à David de se rapprocher de l’homme de Dieu pour être conseillé, réconforté, encouragé. Dans un moment de détresse quelques années auparavant, il s’était réfugié auprès du sacrificateur de son vivant. 1 Sam 19 : 18. Il avait certainement bénéficié de son soutien, de ses exhortations, de ses prières. Mais maintenant, Samuel n’était plus là. David ne pouvait compter que sur l’Eternel.
  • Sur le chemin de la foi, chaque croyant passe par ces étapes. Dans un premier temps, il lui est possible de consulter des disciples afin de recevoir secours, conseils appropriés et inspirés, amour fraternel, écoute chaleureuse. C’est en effet précieux de s’appuyer sur des chrétiens fiables. Mais dans le cursus de la croissance spirituelle, le Seigneur enlève Samuel à David. Il conduit ainsi l’enfant de Dieu à apprendre à faire davantage confiance à Jésus et à dépendre plus étroitement de Lui. Quand les appuis humains font défaut, il reste l’appui divin infaillible. Si un disciple est perturbé et déstabilisé parce que le confident, le père ou la mère spirituels sont absents, cela signifie que c’est le moment prévu par le Seigneur dans Sa sagesse pour apprendre à grandir sans eux.
  • David était donc sur le point de faire partie de l’armée des philistins qui allait livrer bataille au peuple élu. Nous ignorons ses intentions. Comment avait-il envisagé de gérer cette situation ? Dans tous les cas, ce se serait traduit par une trahison. En effet, soit David aurait trompé Akish en le combattant et en se retournant contre lui. Soit il aurait été fidèle à son protecteur et aurait alors affronté son propre peuple. On ne saura jamais car les chefs philistins n’ont pas accepté sa présence à leurs côtés. Ils suspectaient une ruse et considéraient que David risquait de les tromper. Il a été invité à retourner à Tsiklag, sa ville dans le pays philistins.
  • Dans Son immense bonté, Jésus ne permet pas à certaines situations d’avoir lieu. Cela évite au chrétien d’être pris dans un piège terrible. Quand Il ferme des portes ou qu’Il empêche des événements d’avoir lieu, il est précieux de Lui faire totalement confiance et de s’en remettre à Sa souveraineté. Dieu sait parfaitement ce qui est le mieux pour Son plan et pour Ses enfants. Ps 37 : 5.

2) LA DESOLATION DE TSIKLAG. 1 Sam 30 : 1-8.

  • David et ses hommes ont ainsi quitté l’armée des philistins pour retourner dans leur ville, Tsiklag. A leur arrivée, ils ont découvert avec horreur leurs maisons pillées et détruites. Les femmes et les enfants avaient été emmenés captifs chez les amalécites. Leur détresse et leur désarroi était à leur comble. 1 Sam 30 : 4.
  • Une souffrance est venue s’ajouter à la douleur de David. Le peuple le tenait pour responsable de cette situation désastreuse. 1 Sam 30 : 6. Il était même question de le lapider. Au travers d’une première analyse, il est possible de se ranger du côté de ses opposants. En effet, on peut les comprendre et défendre leur point de vue si on considère que David n’aurait jamais du accepter de s’allier à Akish lorsqu’il a été question de faire la guerre à Israël. On peut admettre que le fugitif ait trouvé une protection efficace chez les philistins. Cela lui a permis d’être libéré de la furie meurtrière de Saül. En leur temps, Joseph et Marie ont été conduits par le Seigneur en Egypte pour échapper à Hérode. Mat 2 : 13-15. Par contre, David aurait certainement du se tenir à l’écart de la bataille ayant opposé son peuple aux philistins. Il serait alors resté à Tsiklag qu’il aurait ainsi protégé des amalécites. La destruction de la ville aurait alors été évitée et les familles n’auraient pas été enlevées.
  • David s’est peut-être dit dans son cœur : « Je n’aurais pas du suivre Akish« . Tous, nous rencontrons ces moments où nous disons : « J’aurais du » ou « Je n’aurais pas du« . C’est facile après coup de conjuguer les verbes au futur antérieur. On développe alors une forte culpabilité. A cela se rajoute la condamnation orchestrée par les autres. C’était le langage du peuple qui accompagnait David : « Tu n’aurais pas du accepter de nous allier aux philistins pour cette bataille« . Ainsi, la culpabilité personnelle est accentuée par celle des autres.
  • On peut remarquer au passage que le peuple a oublié tout ce que David a manifesté de positif durant les années passées. Il a remporté une victoire remarquable face à Goliath, libérant ainsi son peuple de la domination de ses ennemis.

1 Sam 17. Il a démontré qu’il savait consulter l’Eternel et être un homme de foi. 1 Sam 23 : 1-5. Il a manifesté les sentiments divins en épargnant à 2 reprises la vie de son persécuteur, privilégiant la grâce et la bienveillance. 1 Sam 24; 26.

  • Quand on se trouve dans la situation de David, reconnaissons nos tords, nos faillites, nos péchés. Le pardon divin est largement répandu sur le cœur repentant. Ps 32 : 5; Prov 28 : 13; 1 Jean 1 : 9. Lorsqu’on est au contact d’une personne qui a commis des erreurs, évitons de privilégier l’accusation, la condamnation, le dénigrement. La retenue et la pondération sont préférables. Il est spirituel de se souvenir des qualités, des réussites, de la foi de ceux à qui nous en voulons. De plus, le Saint-Esprit pourrait nous rappeler nos fautes et nos travers pour nous signifier que nous ne sommes pas forcément meilleurs et que nous avons aussi besoin de la grâce de Dieu ! Mat 7 : 1-5.
  • David a su réagir par la foi en s’appuyant sur son Seigneur. 1 Sam 30 : 6. Une autre traduction précise : « David se fortifia en l’Eternel son Dieu« . La source de sa force et de son courage a été l’Eternel Lui-même. Dans les moments de grande détresse et alors que tout s’effondre, le chrétien possède un moyen de se relever : sa foi en Jésus. Es 41 : 10; Eph 6 : 10; Phil 4 : 13; 2 Tim 4 : 17; 1 Pie 5 : 10. Les moments de communion avec le Seigneur ouvrent la porte à la restauration divine.
  • Le texte précise bien que David s’est appuyé sur l’Eternel, « son Dieu« . Pour remporter des victoires, surmonter les pires difficultés, expérimenter les solutions montrées par l’Esprit, il est important que Jésus soit réellement le Seigneur de la vie personnelle. Il n’est pas appelé à rester seulement le Dieu des parents, des proches, des membres de l’assemblée, des autres d’une manière générale. Il est indispensable que chacun puisse parler de Jésus comme étant « mon Dieu« . Nous sommes alors bien en présence d’une expérience individuelle et d’une relation personnelle avec le Fils de Dieu, ce qui constitue la réalité de la vie éternelle. Jean 17 : 3; 20 : 28.
  • On découvre ensuite David consulter l’Eternel pour connaître la direction à prendre. 1 Sam 30 : 8. Ainsi, nous sommes invités à nous inspirer de son exemple. Dans le désarroi et le danger, il est possible de se fortifier et de reprendre courage par la foi puis de se réfugier dans le Seigneur afin de découvrir l’orientation à prendre. Jésus est le bon berger. Il conduit Ses brebis en les éclairant et en les conseillant, même si parfois la marche s’effectue en tâtonnant. Ps 32 : 8; 73 : 24; 84 : 6.

3) VICTOIRE ET BIENVEILLANCE DE DAVID. 1 Sam 30 : 9-31.

  • David a donc reçu une direction divine. Il s’est alors lancé à la poursuite des amalécites qui ont ravagé Tsiklag.

1 Sam 30 : 8-10. Puis, il a rencontré un esclave ayant été abandonné. 1 Sam 30 : 11-14. Cet homme a ainsi servi de guide pour conduire David et ses troupes au campement ennemi. 1 Sam 30 : 15-16. Aujourd’hui encore, Dieu parle par le Saint-Esprit au travers de pensées imprimées dans le cœur, de songes, de visions, de voix audibles. Joël 2 : 28-29. Il conduit également Son peuple grâce à des circonstances et à des moyens humains. Comme pour David, une rencontre peut être conduite par le Seigneur pour éclairer un disciple et lui montrer le chemin à suivre ou une direction à privilégier. Nomb 10 : 29-34; 13 : 1.

  • David a enclenché les hostilités et a remporté une victoire éclatante sur les amalécites. Toutes les femmes et les enfants ont été sauvés. Un butin important a été constitué. 1 Sam 30 : 16-20. Dieu accorde la victoire à Son peuple. Ce-dernier est appelé à triompher sur tous ses ennemis, c’est-à-dire le péché, l’état d’esprit et les pratiques du monde, la mauvaise nature charnelle, les ténèbres et les circonstances négatives. Marc 11 : 23-24; Rom 6 : 12-14; Eph 6 : 10-17; Héb 12 : 1; 1 Jean 2 : 14; 5 : 4-5.
  • A son retour de cette campagne militaire victorieuse, David et ses hommes ont rejoint ceux qui étaient restés en arrière car trop épuisés pour livrer bataille. Plusieurs de ceux qui avaient eu les forces et le courage pour la guerre étaient partisans d’une mesure radicale : il n’était pas question de partager le butin. Les plus faibles pouvaient récupérer leur famille et leurs biens mais sans avoir part aux bénéfices de la victoire. 1 Sam 30 : 21-22. Mais David s’est opposé à cette résolution. Un partage a donc bien eu lieu. 1 Sam 30 : 23-25.
  • Cet épisode révèle 2 types de fonctionnement. Le premier privilégie l’excès de justice, la sévérité, la dureté, l’intransigeance, la rigidité. Le second favorise la bienveillance, la grâce, la souplesse, la bonté, la compréhension. Une question s’impose : quel est notre profil ? Dans quel mode opératoire nous situons-nous ? Ressemblons-nous à certains hommes de la troupe de David ou bien à David qui était un homme selon le cœur de Dieu ? Eph 4 : 32; Phil 1 : 27; Col 3 : 12-15.

Philippe Landrevie

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