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Lecture 2 Corinthiens 12 : 7-10.

1) SAISIR SA VICTOIRE.

  • La vie est souvent difficile et douloureuse. C’est une lutte face aux épreuves, aux obstacles, à l’adversité. Paul a évoqué la notion de combat. 2 Tim 4 : 7. Effectivement, l’existence est un combat pour les incroyants comme pour les croyants. C’est le lot de tous lors de notre passage terrestre, avec une différence fondamentale : le disciple de Jésus possède un atout précieux, à savoir sa foi vivante dans le Seigneur.
  • L’espérance du chrétien est extraordinaire. Un jour, ses souffrances prendront fin dans ce lieu merveilleux où il est destiné à passer l’éternité : le ciel est présence de Jésus. Apo 21 : 3-4. Cependant, en attendant cette issue glorieuse, il passe par un chemin sur lequel il est invité à marcher par la foi. Hab 2 : 4; Héb 10 : 38. Dans cette dimension de foi figure la notion de l’acceptation. Accepter dans la bible revêt plusieurs concepts : « accueillir, prendre sur soi, endurer ». Une des phases les plus cruciales consiste à passer par l’acceptation de son parcours, de son chemin, des épreuves auxquelles on est confronté et de certaines souffrances qu’on est appelé à endurer.
  • Quelque temps après le début de ma maladie, le Seigneur m’a conduit à saisir cette victoire. J’étais invité à accepter le principe même de celle-ci avec toutes les conséquences et les implications physiques, morales et spirituelles. J’étais convié à accepter la réalité d’une convalescence longue et pénible, à composer avec certaines limites et fragilités contraignantes. Cela fait plusieurs mois que, par la grâce de Dieu, je suis entré dans cette dimension de l’acceptation par la foi des circonstances rencontrées et de devoir composer avec mon chemin.
  • Une précision importante est à considérer. Accepter son parcours ne signifie pas le subir avec fatalité et résignation. C’est différent que d’être en permanence dans la défaite, de tenir des propos constamment négatifs, de broyer du noir tous les jours, d’entretenir un état d’esprit de plaintes et de gémissements, d’avoir des discours du style : « C’est comme ça, je n’ai aucun espoir que ma situation change, ça va rester ainsi jusqu’à la fin, ça ne va pas évoluer, je suis condamné à ployer sous mon fardeau… »
  • La foi vivante dans le Seigneur permet au contraire de dominer l’épreuve et non d’être terrassé par elle, de la surmonter et non d’être excessivement accablé. La communion avec Jésus donne lieu à la possibilité de composer avec la souffrance et de la gérer en comptant sur le secours et les forces puisées en Dieu. Ps 34 : 5-6; 37 : 23-24; Esa 40 : 29-30; 41 : 10. Tout est une question de vision et de mentalité. Les 12 espions envoyés pour explorer le pays de Canaan ont vu les mêmes choses, ils ont rencontré les même situations, ils ont été confrontés aux même défis. 10 d’entre eux ont considéré que les épreuves auxquelles ils allaient être exposés étaient insurmontables. 2 seulement ont considéré que Dieu allait leur permettre d’être victorieux par la foi. Nomb 13; 14. Quel regard portons-nous sur notre chemin ? Un regard de foi confiante dans le secours du Seigneur, Sa force, Sa puissance et Sa présence ? Ou plutôt développons-nous un pessimisme marqué avec une certaine résignation ? Jésus veut nous entraîner sur le chemin de la victoire.
  • La bible mentionne plusieurs situations de personnes qui ont été concernées par cette réalité. Ainsi, les hébreux étaient invités à se soumettre à l’occupant Babylonien plutôt que de chercher à se soustraire à cette domination en établissant des alliances avec d’autres nations. Esa 31 : 1-3; Jér 29 : 1-14. Joseph a subi de nombreuses injustices. Il a du composer avec de terribles souffrances : projet de meurtre de ses frères, esclavage en Egypte, plusieurs années passées en prison. Gen 37-40. Dieu l’a toujours secouru et soutenu. Moïse a été meurtri par 40 années passées dans le désert. Il a été obligé de composer avec des circonstances hostiles. Ex 2-3. Le Seigneur a toujours gardé le regard sur lui. Il a persévéré et a vu l’issue de son épreuve. Jésus est venu donner Sa vie et mourir à la croix afin que nous recevions le pardon de nos péchés en vue de la vie éternelle. Rom 5 : 8; 1 Jean 5 : 12-13. Pour accomplir cette œuvre en notre faveur, Il a du accepter d’être crucifié. Mat 26 : 39.
  • La relation personnelle avec Jésus au travers de la prière, de la louange et de la méditation biblique conduit à parvenir à accepter le chemin qu’on est obligé d’emprunter. La Parole est vivante et parle au cœur en y déposant les pensées divines. Le Saint-Esprit agit efficacement pour déverser Sa force, Sa puissance, Son onction dans l’être intérieur du disciple. Le Seigneur accorde Sa paix qui accompagne le chrétien dans ses souffrances. Jean 14 : 27, Phil 4 : 7. L’église et la communion fraternelle sont également source de restauration pour arriver à prendre la victoire afin de parvenir à dompter la situation. Gal 6 : 2.

2) DEMEURER DANS LA VICTOIRE.

  • Pour en revenir à mon expérience personnelle, les mois sont passés avec des luttes et des combats, des victoires et des défaites, des encouragements et des moments de découragements. Les circonstances de la vie nous rappellent la réalité de notre humanité. Nous sommes faibles et fragiles mais rendus forts par la foi. Nous pouvons être accablés, désemparés, inquiets mais toujours secourus, restaurés, fortifiés par Jésus. 2 Cor 4 : 7-8. Au fil du temps, j’ai réalisé que j’avais quitté cette position de foi qui m’avait permis d’avancer et de surmonter mes moments difficiles. J’ai ainsi traversé une période vraiment douloureuse. Le Seigneur m’a alors parlé au travers d’une prédication de Manou. Dans son message, notre frère a évoqué l’existence de Joseph avec la nécessité pour lui de faire avec son chemin. Son parcours était parsemé d’épreuves et de souffrances. Dieu était avec lui pour le secourir et accomplir Son plan dans sa vie. C’était sa voie, son sentier.
  • Le Seigneur a marqué mon cœur ce jour-là. J’ai compris que j’avais quitté ma position au travers de laquelle j’avais remporté une victoire. Alors que j’étais monté et que j’avais saisi par la foi la nécessité d’accepter mon parcours et mon chemin pour surmonter les circonstances avec paix et sérénité, voilà que j’étais redescendu. Du coup, ayant quitté ma position, c’était devenu beaucoup plus difficile au quotidien.

a) Entretenir sa foi.

  • La vie nous enseigne les réalités suivantes : c’est une chose d’atteindre un niveau, c’est autre chose d’y rester. C’est une chose de remporter une victoire, c’en est une autre que de se maintenir dans cette position de victoire. C’est bien de surmonter une épreuve, c’est mieux de parvenir à la dominer dans le temps. C’est important de remporter des défis dans le domaine de la foi, c’est excellent de demeurer victorieux. Ca a de la valeur quand on parvient à aimer, à pardonner, à demander pardon, à gérer les fragilités intérieures, à résister aux tentations. C’est essentiel de continuer à maintenir de même niveau spirituel.
  • Marc 5 : 34 ð « Sois » guérie de ton mal. Le sens du verbe employé est « reste » guérie de ton mal. Autrement dit, pour cette femme, c’était une victoire de la foi que d’obtenir sa guérison. Dorénavant, après avoir vécu ce dont elle avait besoin, Jésus lui a présenté un autre défi sous-entendu : entretenir sa victoire, demeurer dans une position de foi pour garder la bénédiction. On trouve le même principe dans un autre passage biblique. Jean 5 : 1-14. Cet homme guéri a entendu une exhortation de la part du Seigneur : « Ne pèche plus », plus précisément « Ne continue pas à pécher ». Jean 5 : 14. En effet, c’est une chose de ne plus pécher, c’en est une autre de continuer de s’abstenir de pécher. Ainsi, l’œuvre du Seigneur consiste à équiper le disciple d’aptitudes pour demeurer sur des positions de foi.

b) Remonter après être descendu.

  • J’avais été donc en difficulté sur mon chemin. J’ai réalisé que j’avais quitté ma position progressivement qui avait consisté à accepter ma voie avec ses caractéristiques. Le Seigneur m’a parlé et encouragé au travers d’une prédication. J’étais invité à me saisir de nouveau du principe de l’acceptation que j’avais laissé s’échapper. Il me fallait réactiver ma foi pour reprendre ma position spirituelle. C’était clair dans mon cœur. Le Seigneur me tendait la main pour me tirer de nouveau vers le haut et m’aider à surmonter mes difficultés et gérer mes souffrances en les dominant.
  • Jésus accorde toujours une autre chance. Lorsqu’on a perdu pieds, que la foi est éprouvée, que les circonstances et les épreuves semblent dominer et être les plus fortes, le chrétien a encore une issue. Il est possible de remonter la pente. Tout n’est pas perdu. Il est envisageable de retrouver le chemin de la victoire. Marc (surnommé Jean) a échoué lorsqu’il a été appelé à suivre Paul et Barnabas lors de leur voyage missionnaire. Il a abandonné des 2 apôtres. Act 13 : 13. Plus tard, Barnabas lui a redonné une chance qu’il a su saisir. Act 15 : 39. Paul reconnaîtra des années après qu’il est devenu utile. Il a donc su saisir la nouvelle chance qui lui était offerte. 2 Tim 4 : 11. Marc a de plus été l’auteur d’un Evangile. Pierre a renié Jésus. Marc 14 : 66-72. Il est devenu par la suite un des hommes de Dieu les plus remarquables de l’histoire de l’Eglise. Ainsi, si nous sommes redescendus, le Seigneur va nous aider à remonter.

c) Aller plus loin.

  • Cela fait maintenant 3 mois que j’ai remonté la pente. Je veille à rester sur ma position. Je suis vigilent pour demeurer dans la foi et l’entretenir. Je ne laisse pas les moments difficiles prendre trop de place. Je veille sur mes pensées humaines afin d’éviter de me laisser entraîner par elles. Je confesse et je proclame la Parole de Dieu. Jos 1 : 8; Marc 11 : 23; Rom 10 : 9.
  • Néanmoins, le Seigneur peut nous conduire plus loin à avancer en eau profonde. J’ai vraiment perçu de façon appuyée et nette que le Saint-Esprit désirait me faire franchir une étape supplémentaire. Bien sûr, je reste dans la foi pour croire à une restauration totale et entière. Je crois à terme à la disparition de toutes les séquelles liée à ma maladie. Je crois à la possibilité de retrouver l’ensemble de mes facultés et de mes aptitudes. Néanmoins, j’ai été poussé à accepter que la suite ne soit pas forcément ainsi. J’ai admis l’éventualité de rester avec des limites, des fragilités, des handicaps. La foi est nécessaire pour continuer de vivre dans l’attente d’une délivrance. La foi est également essentielle pour continuer de vivre sans obtenir la délivrance tant souhaitée.
  • Les 3 hébreux jetés dans la fournaise par le roi Nébucadnetsar étaient confiants dans la libération divine. Mais ils s’étaient préparés aussi à devoir affronter la mort. Dan 3 : 16-18. Dans Hébreux 11, on découvre des chrétiens qui ont vécu des expériences extraordinaires avec le Seigneur. Héb 11 : 32-34. D’autres, dans le même chapitre, n’ont pas obtenu ce qu’ils attendaient. Héb 11 : 35-40. Pourtant, ils avaient la foi. Pierre a été sauvé d’une vraisemblable exécution. Act 12 : 3-10. Jacques a quant à lui subi la mort. Act 12 : 1-2.
  • Ainsi, aller plus loin consiste à accepter toutes les éventualités, celles attendues et souhaitées comme celles qui ne sont pas désirées. Cette victoire dans la foi garantit une paix extraordinaire, une sérénité merveilleuse et permet d’affronter l’avenir sans crainte et sans appréhension.

Philippe Landrevie

© 2017 Eglise le Phare

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