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Lecture Actes 1 : 8; 1 Timothée 2 : 4

a) Une vision étriquée : l’évangélisation est une affaire de spécialistes

  • Dans la liste des ministères-dons définis par Paul, on trouve celui d’évangéliste. Eph 4 : 11-15. Ces services ne sont pas les seuls dans l’Eglise, loin s’en faut. Ils sont les piliers destinés à qualifier, instruire, enseigner, perfectionner les enfants de Dieu afin d’aider ces-derniers à exercer leur propre ministère, à développer leur foi et à croître dans le but de ressembler à Jésus. L’évangéliste est appelé par le Seigneur à prêcher le message de Jésus aux incroyants pour les amener à découvrir la vie éternelle. Il est responsable également de former le peuple de Dieu au témoignage de l’Evangile.
  • Néanmoins, Paul n’a pas signifié que le ministère d’évangéliste était le seul habilité à annoncer le salut. Des croyants considèrent à tord que l’évangélisation est la responsabilité et la qualification de quelques-uns : le pasteur, les anciens, les évangélistes, les disciples bénéficiant d’une certaine facilité pour parler. C’est une erreur de croire qu’il est indispensable d’être appelé de Dieu pour témoigner de Jésus. En réalité, tous les chrétiens doivent se sentir investis de cette mission. Marc 5 : 18-19; Act 1 : 8. Chaque chrétien a la possibilité de partager son témoignage à son entourage et à ceux qu’il rencontre selon les opportunités. Le Seigneur n’exige pas de longues études théologiques, une grande facilité d’élocution, la maîtrise parfaite de l’art oratoire. Il demande à Ses enfants de témoigner avec leur cœur de leur expérience, de leur choix, des valeurs spirituelles qu’ils soutiennent et défendent avec leurs propres mots, leurs propres expressions. Ensuite, c’est l’Esprit de Dieu qui travaille les cœurs, les convainc, les amène à la repentance et à la conversion. Jean 16 : 8; Act 2 : 37.

b) Une vision étriquée : les méthodes pour l’évangélisation sont sacrées

  • Un jour, un enfant de Dieu me partageait le fait qu’une de ses connaissances chrétiennes désapprouvait l’organisation de concerts pour annoncer l’Evangile. Il fallait s’en tenir à la prédication par le pasteur ou un ancien et au témoignage personnel des disciples. D’autres sont défavorables aux rassemblements de jeunesse de grande envergure proposant un programme adapté aux jeunes.
  • Comme dans le cadre humain, un grand danger menace la dimension spirituelle : les excès, les positions radicales et rigides. En effet, certains croyants sont laxistes et tolérants face au péché. Ils considèrent qu’il est nécessaire de vivre selon certains principes du monde et qu’il est normal d’accepter ce que les incroyants tolèrent. Après tout, il faut bien vivre avec son temps ! Ainsi, on ne voit hélas pas toujours la différence entre l’enfant de Dieu et l’inconverti. Nous sommes en présence d’un Evangile « light ». Gal 5 : 13.
  • A l’opposé, d’autres croyants sont durs, étroits, fermés, intolérants, équipés d’œillères. Ils ne savent pas composer de manière équilibrée avec la pression exercée par le monde. Leur mode de vie est une suite d’interdictions et d’obligations. Or, en matière d’évangélisation, seul le message de Dieu est sacré et invariable. Les méthodes ne le sont pas. L’Evangile ne change pas, Il traverse les âges et demeure le même. Les outils pour le transmettre doivent nécessairement évoluer, s’adapter au contexte, à la mentalité, aux gens, à l’époque. L’Eglise a besoin d’être moderne, actuelle, en phase avec les moyens de communication contemporains, utilisant des outils adaptés. Elle veille aussi à conserver des valeurs et un message divin éternels.

c) La souveraineté de Dieu.

  • Un raisonnement erroné consiste à se draper de la souveraineté de Dieu pour justifier l’inaction et la passivité. Le Seigneur est certes souverain. Son plan et Ses desseins se réalisent quels que soient les considérations humaines. Jésus est venu sur la terre. Il S’est sacrifié pour le pardon de nos péchés. 1 Pie 2 : 24. Il est ressuscité. Luc 24 : 1-7. Il est remonté au ciel vers Son Père. Marc 16 : 19. Il revient bientôt chercher Son Eglise. Jean 14 : 3; 1 Thes 4 : 16-17.
  • Cependant, Dieu ne décide pas du salut ou de la perdition de l’être humain, même s’Il connait à l’avance la décision et le sort de chacun. L’erreur consiste à considérer que les choses sont déterminées depuis toujours, qu’il est inutile de témoigner et de prier car tout est fixé par la souveraineté divine.
  • Dieu est souverain, mais Il associe les disciples à l’œuvre du salut. Ne connaissant ni les pensées des cœurs ni la décision future des gens par rapport à Jésus, les chrétiens sont responsables d’offrir à tous la possibilité d’entrer dans la vie éternelle. Chacun sera jugé selon l’éclairage reçu. Ceux qui auront été en contact à de nombreuses reprises avec le témoignage de l’amour divin auront davantage de comptes à rendre que ceux qui auront eu moins d’occasions de se convertir. Mat 11 : 20-24. Quant aux disciples, ils seront jugés et récompensés –ou pas- selon la consécration déployée pour l’évangélisation.

d) Les conflits

  • Une des spécialités du diable est d’encombrer les croyants de tout ce qui peut accaparer leur esprit, absorber leurs forces, leur temps, leur argent, leur consécration. Parmi ces armes figurent les rivalités, les conflits, les querelles. Lorsque des problèmes relationnels sont présents dans les relations fraternelles, les croyants déploient énormément d’énergie pour se défendre, se justifier, contre-attaquer. Les cœurs sont blessés par des propos et des positions inadéquates, inappropriées et malveillantes. L’attention est focalisée sur l’antagonisme. Pendant ce temps, l’évangélisation risque d’être au ralenti ou privée de l’élan indispensable.
  • Les enfants de Dieu sont appelés à résoudre les situations tendues, à se faire grâce, à se supporter mutuellement afin de se concentrer sur l’essentiel. Eph 5 : 31-32; Phil 4 : 2-3; Col 3 : 13.

e) Un esprit accaparé par des choses secondaires

  • Dans une famille chrétienne comme dans une église, des sensibilités différentes peuvent être présentes. De multiples avis peuvent être exprimés au sujet de toutes les activités d’une assemblée. Certains se rejoignent, d’autres pas. Le Créateur a voulu la différence et la variété dans Sa création. Un scientifique a relevé qu’il n’existe pas 2 flocons de neige identiques ! Les étoiles en nombre considérable ont un éclat différent et unique ! 1 Cor 15 : 41. Il en est de même concernant les humains : nous sommes tous différents mais normalement complémentaires, dépendants les uns des autres, unis dans la diversité. 1 Cor 12 : 14-26.
  • L’organisation et la vie d’une église suscitent de façon normale des avis distincts. Le piège est de se laisser absorber par les différences mineures et les choses secondaires. Avant de se manifester de manière énergique et virulente, il s’agit de se demander si l’aspect que l’on défend avec force et ténacité est vraiment essentiel aux yeux de Dieu ou pas. Pour le Seigneur, est-ce fondamental ou pas ? Si oui, alors il convient de soutenir ce point de vue car il est biblique. Si non, il est alors inutile de gaspiller du temps et de l’énergie pour s’accrocher à un aspect secondaire.
  • Paul a encouragé à éviter de discuter sur les opinions. Rom 14 : 1. Plutôt que de relever les divergences mineures, il est préférable de souligner les accords majeurs. La maturité spirituelle consiste à passer par-dessus tout ce qui déplait mais qui n’est pas fondamental afin de s’attacher à ce qui rassemble et unit. Cela permet aux disciples de se concentrer sur leur mission divine prioritaire : témoigner et partager le message du salut.

f) La routine et le train-train quotidien

  • Nous avons pour la plupart un emploi du temps extrêmement chargé. C’est d’ailleurs un des maux de notre société : on n’a pas le temps. Nous sommes à différents degrés enfermés par la répétition des mêmes tâches, des mêmes activités, des mêmes programmes. Nous fréquentons les mêmes endroits, nous rencontrons les mêmes personnes. Cela peut conduire à une forme de routine qui génère ennui et lassitude. L’esprit risque également de se laisser scléroser par le train-train quotidien. Le danger est alors de manquer d’énergie, d’enthousiasme, d’élan pour saisir les occasions de témoigner. Le croyant, devenu prisonnier de son agenda répétitif, éprouve des difficultés pour en sortir. Il lui est difficile de s’extraire de sa routine et de partager sa foi.
  • Il convient de renouveler constamment la vision divine du salut pour les perdus et la mission de l’église. Chaque journée ne doit pas être vue comme une fade répétition des précédentes mais comme un moyen de saisir de nouvelles opportunités de refléter Jésus. Il n’y a pas obligatoirement d’occasions franches et évidentes de parler du Seigneur tous les jours. Néanmoins, l’essentiel est de demeurer disponible, attentif et éveillé. Aujourd’hui, Dieu va peut-être me permettre de rencontrer une personne avec laquelle une conversation sur la foi va devenir possible. Ou bien, je vais pouvoir offrir un évangile ou un prospectus, téléphoner, envoyer un mail, un « sms », rédiger un commentaire sur la page « Facebook » de quelqu’un. Je l’ignore, mais je désire être prêt en toute occasion et éviter l’enfermement de la routine. Dans ce but, le Seigneur utilise parfois un changement de programme ou un événement pour nous bousculer et nous amener à repérer une opportunité de témoignage.

g) La tendance à repousser

  • Bien des chrétiens perçoivent dans leur cœur la pensée de partager leur foi. Dieu leur montre une personne à inviter à l’église ou à qui il s’agit de proposer un évangile. Ils comprennent que la circonstance rencontrée est une occasion suscitée par le Seigneur. Mais ils repoussent et remettent à plus tard. La crainte et la timidité bloquent la démarche spirituelle. La culpabilité envahit alors leur cœur.
  • Il est nécessaire parfois de passer à plusieurs reprises par ce genre de situation pour enfin parvenir à saisir la victoire. La culpabilité et le malaise produits par le Saint-Esprit sont nécessaires afin de tirer les leçons de l’échec. Cela pousse à progresser et à toujours chercher à faire mieux à l’avenir. Les défaites d’aujourd’hui permettent de construire les victoires de demain. Le chrétien apprend ainsi à surmonter sa tendance à remettre à plus tard le partage de son témoignage pour saisir une opportunité qui se présente. Son cœur est alors rempli de la paix et de l’approbation divines. Il sait qu’il vient d’être un instrument de bénédiction entre les mains de son Seigneur pour éclairer quelqu’un et être un maillon dans le processus de conversion.
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