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LE DESERT
Lecture Ps 63 : 1-12.

1) CONTEXTE

  •  Comme nous le précise le verset 1, David s’est trouvé dans un désert quand il a rédigé ce
    psaume. Saül, jaloux jusqu’à la haine, l’a pourchassé afin de l’éliminer. Pendant plusieurs années, David
    a été contraint d’errer pour échapper au roi et ainsi sauver sa vie. Lors de cette période, il a rencontré
    l’incertitude du lendemain et la crainte de voir son ennemi fondre sur lui. Sur un plan humain, l’élu de Dieu
    n’a connu ni le repos ni la sécurité. Cela a été une phase douloureuse dans sa vie.
  •  A certains moments de cette fuite obligatoire, il a été profondément découragé. Il a écrit des
    psaumes traduisant son désarroi et sa détresse. Ps 22; 69. Il s’est répandu en plaintes et en
    gémissements devant l’adversité. Il est l’image du croyant désemparé et assiégé par la douleur. Job 10 :18-19; Ps 73; Jér 20 : 14-18. Cependant, dans ce psaume 63, David a tenu un discours différent. Même
    dans son désert, il a proclamé une foi vivante qui espère continuellement dans la fidélité et le secours
    divins. Ses paroles n’étaient pas négatives mais plutôt positives.
  •  L’homme selon le cœur de Dieu a souvent basculé d’un état de désœuvrement total à celui de
    confiance réelle dans son Seigneur. Il nous rappelle la réalité de notre humanité avec ses fluctuations,
    ses fragilités et ses instabilités. L’œuvre divine consiste à édifier et à fortifier le disciple pour lui apprendre
    à expérimenter une certaine stabilité dans sa foi et sa dépendance de Jésus.
    2) LA FOI DANS LE DESERT.
  • Verset 2 « Tu es mon Dieu » Malgré l’épreuve et l’inconfort de sa situation, David a affirmé que
    l’Eternel était véritablement son Seigneur. Bien que le chrétien soit invité à fuir l’égoïsme, la bible précise
    que la foi est avant tout une affaire personnelle. Chaque individu est convié à manifester sa confiance
    dans les Ecritures et dans l’œuvre de Jésus. C’est bien de savoir qu’Il est le Dieu des proches, de la
    famille, de l’entourage, mais c’est indispensable d’affirmer : « Il est mon Dieu, mon Sauveur personnel »
    Jean 20 : 26-29.
  •  « Je te cherche » Voilà une mention intéressante : nous sommes en présence d’un homme qui a
    exprimé le désir de chercher la face de Dieu dans son désert. Dans la sècheresse de l’épreuve, l’être
    humain a tendance à vouloir compter sur ses propres capacités, sur ses ressources, sur ses forces
    personnelles. Son orgueil l’empêche de reconnaître son besoin du secours, de l’amour et de la grâce de
    Dieu. Pourtant, il est précieux de lever les yeux vers Celui qui règne au-dessus de toutes choses pour
    s’attendre dans la foi à Son intervention bienveillante. Ps 121 : 1-2.
  •  « Mon âme a soif de toi » Dans un désert chaud et aride, le besoin le plus pressent est la soif.
    Désaltérer le corps est vital pour la survie. David a certainement pris des précautions dans son désert
    pour ne pas manquer d’eau. Mais au travers de ce verset, il a partagé une autre soif : celle de Dieu. C’est
    la plus importante car elle pousse une personne à chercher le Seigneur de tout son cœur. Quand on ne
    ressent pas la soif, on n’éprouve pas la nécessité de boire. Ce problème est rencontré par les personnes
    âgées en période de canicule. Il est alors indispensable de les encourager à se désaltérer même si elles
    n’en n’ont pas envie. Quand on n’a pas soif de Dieu, on ne souhaite pas Le chercher et Le connaître
    véritablement. Le plus grand problème de l’humanité est spirituel : c’est le manque de soif de Dieu.
    Parfois, des croyants aussi ne ressentent pas au fond d’eux cette attirance pour les choses d’en-haut.
  • Dans ce cas, 2 décisions sont alors nécessaires : comme pour le corps qu’il convient de
    désaltérer même s’il n’en exprime pas le besoin, l’âme doit être alimentée par l’eau de la Parole et de
    l’Esprit, même si elle n’en perçoit pas la nécessité. Quand c’est nécessaire, cela revient à se forcer, à se
    discipliner, à s’obliger à une certaine rigueur spirituelle pour s’abreuver des Ecritures. La deuxième décision consiste à prier ardemment pour que le Saint-Esprit crée la soif dans le cœur. Dans cette
    dimension, le Seigneur est capable de susciter un besoin fondamental afin d’y répondre. Es 55 : 1; Amos
    8 : 11; Jean 4 : 14; 7 : 37.
  • Versets 4-5  Dans son désert, David était déterminé à louer son Dieu. Il est parvenu à ne pas
    se laisser terrasser par les circonstances défavorables. Sa foi triomphante a élevé son cœur dans la
    dimension de la louange malgré l’épreuve. Paul et Silas ont vécu ce genre de victoire. Act 16 : 22-25.
    Enchaînés dans une prison à cause des opposants à l’Evangile, ils se sont mis au beau milieu de la nuit à
    chanter et à louer le Seigneur. Pourtant, ils ignoraient le sort qui leur était réservé. Le lendemain, ils
    pouvaient être jugés et condamnés à mourir. Mais ces 2 hommes de Dieu avaient auparavant décidé de
    vivre pour leur Seigneur. Ils étaient donc prêts à affronter toutes les souffrances pour rester fidèles aux
    principes bibliques.
  • Ce passage est certes impressionnant. A sa lecture, on peut se sentir petit et très loin d’être à ce
    niveau de foi et d’amour. Cependant, ce genre de texte figure dans les Ecritures pour montrer aux
    chrétiens qu’il est possible de désirer manifester une telle foi et qu’elle n’est pas réservée à quelques
    initiés.
  •  « Je te bénirai toute ma vie » Cette affirmation revêt d’autant plus de valeur qu’elle a été prononcée
    dans un contexte de souffrance et non de facilité. Dans l’euphorie d’une riche bénédiction ou d’une
    réponse extraordinaire à une prière, c’est assez aisé de proclamer qu’on s’engage à rester fidèle à Jésus
    et à Le bénir jusqu’à la fin. Par contre, au milieu d’un désert, on a hâte de s’en sortir au plus vite. On peut
    alors être tenté de lâcher la main de Dieu, de se relâcher spirituellement ou d’emprunter une solution
    éloignée des principes bibliques. Il convient de résister à ces sollicitations pour choisir de tenir ferme et
    être déterminé à bénir le Seigneur avec fidélité comme David. Ps 34 : 2; 115 : 18; 145 : 1-2.
  • Verset 7  Lorsqu’on est dans un désert, il est souvent très difficile de trouver le sommeil. Toutes
    sortes de pensées négatives assaillent l’esprit. Les nuits sont agitées. L’individu est absorbé par sa
    situation. Il cherche instinctivement des solutions. Il réfléchit à la meilleure sortie de crise possible.
    Poursuivi pendant de longues années par Saül, David a vraisemblablement connu ce genre d’insomnie.
    Mais dans le désert de Juda, il est intéressant de considérer sa gestion de la crise. Il a orienté ses
    pensées vers le Seigneur et s’est concentré sur son Dieu.
  • Les disciples de Jésus sont destinés à vivre ce genre d’expérience. Elle demande une véritable
    discipline mentale pour refuser et rejeter les pensées d’inquiétude, de crainte, d’angoisse afin de pouvoir
    réfléchir à celles qui concernent le royaume de Dieu. C’est parfois un combat spirituel âpre et fatiguant
    qu’il est pourtant indispensable de mener et de remporter. Sinon, un croyant peut durant toute sa vie
    demeurer esclave de ses insomnies. L’œuvre du Seigneur est de secourir afin de déployer une pleine
    victoire. Ps 4 : 9; 94 : 19; Phil 4 : 8.
  • De plus, la foi est impérative dans ce genre de situation. Elle permet à un chrétien d’avoir une
    assurance inébranlable dans le secours divin. C’est cette confiance qui a animé Pierre lorsqu’il s’est
    retrouvé seul en prison. Il était tellement persuadé que Jésus veillait sur lui qu’il dormait profondément
    quand l’ange est venu le réveiller. Act 12 : 1-10. Cette foi de qualité accorde au disciple la capacité de
    traverser un désert en sachant de façon certaine que Dieu contrôle la situation dans Sa souveraineté.
    Cela ne signifie pas que le disciple sache à l’avance comment le Seigneur va intervenir. Mais cela signifie
    qu’il sait qu’Il va intervenir et manifester Sa fidélité.
  •  A d’autres moments, on est perturbé pour trouver le sommeil à cause de pensées « farfelues »,
    charnelles, purement terrestres. Elles empêchent de se détacher des choses de la terre et n’édifient
    absolument pas la foi. Il convient de les écarter afin de se concentrer sur un passage des Ecritures, une
    expérience faite avec le Seigneur, une réponse à une prière, un conseil probant apporté, un
    encouragement efficace reçu, une œuvre de Dieu dont on a été témoin…
  •  Versets 8-9  David a une nouvelle fois proclamé sa foi. Ses affirmations révèlent un
    attachement à son Seigneur. Dans ce psaume, il n’a rien demandé. Il s’est livré à un exercice de
    confession de sa confiance en Celui qui prenait soin de sa vie malgré les circonstances contraires. Avec
    le Seigneur, il y a un temps pour tout. Eccl 3 : 1-8. Dans un désert, il y a un temps pour demander le
    secours divin, pour répandre son cœur devant Dieu, pour supplier, pour exposer les souffrances dans les
    pleurs. 1 Sam 1 : 15; Mat 7 : 7-12; 21 : 22. Il y a aussi un temps pour proclamer les vérités bibliques et
    exprimer sa foi en confessant la grandeur, la fidélité et la puissance du Seigneur. Ps 23 : 1-6; 46 : 2.
  •  Ce psaume 63 est encourageant pour les personnes qui traversent un désert. Il montre qu’il est
    possible d’être renouvelé dans sa foi en comptant sur la grâce de Dieu et d’être animé d’une confiance
    réelle et authentique dans le Seigneur. De plus, la proclamation dans a foi de paroles positives et
    bibliques soutiennent l’âme et la fortifient.
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